Laurence

avr 192014
 

Miguel Ruiz, dans ses ouvrages, parle de  la puissance de la parole et son coté créateur. Par nos paroles, nous contribuons au Paradis ou à l’Enfer sur Terre. Il évoque le pouvoir des mots et de l’accord que nous avons passé, individuellement ou collectivement, pour lui donner un sens.

Notre histoire, notre culture, nos croyances , qu’elles soient personnelles ou collectives, contribuent à la réalité que nous vivons, individuellement et collectivement. Ce  principe est abordé dans notre livre.

Et si les mots, utilisés dans chaque langue avaient eux aussi un pouvoir sur la réalité? Leur étymologie, leur histoire pourrait-elle avoir une influence sur la culture collective? La Voie de Sagesse toltèque, comme toutes les voies de sagesse dans le monde, invite à faire de son mieux pour enlever nos filtres intérieurs et regarder le Monde avec une œil frais et neuf.

J’ai exploré quelques mots. Je vous invite à contribuer également à avoir une écoute neuve sur le langage et à partager vos découvertes!

TRAVAIL

De l’ancien français travail (« tourment, souffrance ») (XIIe siècle), du bas latin (VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum (« instrument de torture à trois poutres »). (source Wiktionnaire). On parle du travail des femmes au moment de l’accouchement, dans un sens de souffrance également.

On trouve cette racine dans beaucoup de langues d’origine romaine (trabajo par exemple) . En italien où « lavoro » vient de « labor » induit  également une idée de  de fatigue, de pénibilité mais moins de souffrance.

Pourrait-on imaginer une influence de cette vibration initiale du mot  sur certaines croyances collectives autour du travail dans ces pays? Et des différences notables avec des pays anglo-saxons par exemple?

Personnellement, je fais de mon mieux pour supprimer ce mot de mon vocabulaire. Il est une expression qui a tendance à me faire faire un pas intérieur en arrière:  « faire un travail sur soi »‘. Avez vous déjà entendu ce conseil , en général gravement asséné, « tu devrais faire un travail sur toi » , « il devrait faire un travail sur lui »?  . Cela ne  résonne pas de façon juste en moi. Je souhaite avancer dans la vie, avec des enjeux soit, mais également dans la joie , sans forcément souffrir. Je crois que nous sommes porteurs dans notre culture judéo-chrétienne d’une croyance très archétypale : pour mériter , il faut souffrir. Cette vibration se retrouve dans l’origine du  mot « travail ».

Quelles alternatives utiliser? Œuvre, œuvrer, bâtir, construire, créer, création, innover… Quelles sont vos propositions?

BUSINESS, AFFAIRES

J’ai regardé le mot « business » quand j’ai observé qu’un projet de co-construction professionnel auquel je participais,  n’avait pas vraiment réussi à démarrer. Au delà des raisons objectives et raisonnables, je laisse toujours venir à moi des causes qui pourraient être plus inconscientes, invisibles. Ce projet collectif se définissait, en gros, par « faire du business autrement », en s’appuyant sur des valeurs collectives équilibrant les principes masculins et féminins (voir également dans notre livre le chapitre consacré à cela).

L’étymologie de « business » , c’est L’ÉTAT D’ÊTRE  OCCUPÉ. On retrouve cette idée d’activité dans AFFAIRES, à faire. Dans « faire du business », on s’éloigne encore plus de l’être, du SENS, du QUOI, de la CRÉATION. Ce qui est important est d’être dans l’action, dans l’occupation.

Pour un projet professionnel visant à équilibrer « ÊTRE » et « FAIRE », à s’accorder sur le « SENS », c’est à dire le « POUR QUOI » et le « POURQUOI », le résumer à « faire du business autrement » ne pouvait pas fonctionner. Sur un plan symbolique et énergétique, il y avait non alignement et même distorsion.

Dans notre société en crise, parler du « travail », du « business », des « affaires » avec d’autres mots ou en les complétant pourrait peut-être contribuer à un changement de paradigme, vers plus de  sens, de plaisir, de créativité, d’intelligence collective.

Qu’en pensez-vous? Est-ce que d’autres mots de la vie quotidienne chargés de mémoires ou de croyances collectives vous viennent à l’esprit?

Laurence

 

 

mar 102014
 

Parmi les conditions nécessaires à l’expression d’une intelligence collective, il y en a quatre qui sont systématiques. L’intelligence collective peut apparaitre lorsque sont réunies les quatre conditions suivantes (wikipédia) :

  • Une information locale et limitée : Chaque individu ne possède qu’une connaissance partielle de l’environnement et n’a pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe.
  • Un ensemble de règles simples : Chaque individu obéit à un ensemble restreint de règles simples par rapport au comportement du système global.
  • Des interactions sociales multiples : Chaque individu est en relation avec un ou plusieurs autres individus du groupe.
  • Une structure émergente utile à la collectivité : Chaque individu trouve un bénéfice à collaborer (parfois instinctivement) et sa propre performance au sein du groupe est meilleure que s’il était isolé.

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mar 012014
 

« Que votre parole soit impeccable », inclut aussi les pensées (dialogue intérieur) à notre sujet et au sujet des autres. Impeccable = qui ne nuit pas à autrui ou à soi-même.

La qualité des échanges verbaux, de la communication entre les gens, de la communication positive… donne lieu à des formations, des accompagnements professionnels depuis bien des années.
Les pensées, l’intention intérieure, même non formulée, ont une action concrète dans la réalité. C’est observé scientifiquement (exemples dans le livre). Même si des pratiques de méditation (qui visent à calmer le dialogue intérieur entre autre) commencent à émerger, cette approche est encore assez confidentielle.

Je vais vous raconter une petite histoire vraie. Un manager me parlait de ses difficultés relationnelles avec des membres de son équipe ou avec ses pairs. Il en avait un peu assez de ressentir cet état d’agressivité intérieure. Je lui ai fait la proposition suivante : fais la supposition que toutes ces personnes sont dans ta réalité pour ton bien, que tu es co-responsable de leur présence dans ta réalité (autrement dit, tu n’en es pas victime, même si tu le crois), intérieurement chaque fois que tu les croises, dis leur « je t’aime ».

Je suis admirative du fait qu’il ait accepté cette proposition pas très « business ».

La donne a changé. Comme si l’air se détendait, l’électricité disparaissait.

Et si vous essayiez vous aussi? juste pour voir… personne ne le saura que vous
Laurence

déc 202013
 

Les moteurs de recherche internet trouvent un million de pages en français en réponse à  « gestion des émotions ». Cette expression est très présente dans le langage courant, dans les milieux professionnels et bien sûr dans les formations et accompagnements en développement personnel. Pourtant, quand je l’entends, quelque chose en moi se crispe, se rebiffe, dans la mémoire de temps où j’ai beaucoup réprimé mes émotions pour mieux les gérer, par exemple pour paraitre  professionnelle en entreprise.

Qu’est-ce qui est sous-entendu quand on parle de « gérer ses émotions » ? « Ne pas faire de suppositions » m’invite à une exploration. Le 5ème accord toltèque également, quand Miguel Ruiz nous propose d’écouter ce qu’il y a derrière les mots, en pratiquant le doute, en traquant les croyances personnelles qui sont en jeu .

« Il faut que vous appreniez à gérer vos émotions ». Cette injonction, outre le fait qu’elle peut être culpabilisante, peut sonner comme, par exemple :

  • « Couvrez   ce sein que je ne saurais voir » (Tartuffe)
  • Faites en sorte de ne pas nous déranger avec vos émotions
  • Pas de place pour les émotions ici
  • Contrôlez ou ravalez vos  émotions
  • Ce n’est pas professionnel de se laisser aller à l’émotion

La définition de gestion est : action ou manière de gérer, d’administrer, de diriger, d’organiser quelque chose.

Celle de gérer : conduire, diriger, régir.

Dans le langage courant, derrière le mot gestion, se cache souvent le mot contrôle. Prendre le pouvoir sur, contrôler, diriger (forcer dans une direction précise).

On peut gérer : un portefeuille financier, une entreprise, une activité, la comptabilité. On parle également de gestion des ressources humaines, d’une équipe. Dans tous les cas, la gestion concerne un « objet » extérieur à soi, avec une sorte de distanciation rationnelle. Est-ce un mot adapté aux émotions ? Il manque pour moi dans ce mot, du vivant et de la relation.

Dirions-nous : « J’ai une bonne gestion de mes enfants » ? Comment réagirions-nous si un de nos parents nous disait « je suis content de moi, je t’ai très bien géré pendant ton enfance » ?

En considérant les émotions comme  l’appel  d’une partie de nous qui cherche à être entendue, à grandir, à trouver son autonomie, à manifester ses talents, à apprendre tout en se sentant en sécuritéaccueillie et aimée, parlerions-nous encore de gestion ?

Bien sûr, quand on regarde de façon plus détaillée les écrits sur  la gestion des émotions, on trouve accueillir, reconnaitre, réguler les débordements excessifs, écouter, apprendre, accompagner. Pour autant, « gérer ses émotions »  me renvoie à l’expression « domestiquer les enfants » de Miguel Ruiz dans « Les quatre accords toltèques ».

La pratique des accords toltèques nous invite, individuellement, et collectivement, à ne pas aller contre les émotions, mais plutôt à les accueillir, les écouter pour se libérer des croyances ou suppositions qui se cachent derrière, sans pour autant leur laisser prendre le pouvoir sur nous. Une émotion n’est pas un problème, c’est une information transmise via notre corps. Les accords toltèques nous aident à nous placer  à la fois dans une distanciation rationnelle ET dans la relation (dans l’amour).

L’équipe d’Olivier en témoigne, sur le plan collectif, les accords toltèques amènent à une plus grande maturité émotionnelle et à une puissance décuplée grâce à cela. Chacun, chacune prend la responsabilité de ses émotions mais trouve un soutien collectif quand il/elle le choisit, dans la relation avec les autres lorsqu’il est difficile d’en émerger. Il ne s’agit pas de devenir un groupe de parole thérapeutique, mais bien d’intégrer l’aspect émotionnel comme une donne dans une équipe.

Et vous, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous dites « gérer mes émotions » ? Sur le plan personnel ? Sur le plan professionnel ? Il y a une différence ?

J’ai quelques difficultés à trouver une expression qui me conviendrait mieux et serait potentiellement moins ambigüe. S’occuper de, accepter, accueillir, traiter avec, faire face à, réguler, accompagner,  … Et vous, que diriez-vous ?

Laurence

 

 

 

 

nov 292013
 

« Je suis bien armé pour mener ce projet» « Il faut se battre dans la vie pour réussir »  « Il faut des armes pour se battre contre la concurrence » « Dans la vie, il faut être armé »,  ….

Dernièrement, une cliente , que j’ accompagne dans la  » voie de transformation toltèque »,  m’a dit : «  Je me sens mieux  armée maintenant… euh non… je me sens mieux  outillée !  ». Merci, Véronique! Ce retournement de langage m’a enchantée et amenée à proposer cet article.

Une arme sert à blesser, tuer, faire peur, défendre son territoire contre le danger qui vient de l’extérieur. Et pourtant, dans notre langage courant, ce mot est souvent utilisé pour parler de compétences!
Un outil sert à construire, créer, améliorer, réparer … Il crée une valeur ajoutée. Continue reading »

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oct 272013
 

« Dans la vie, si tu veux réussir, t’élever, il faut voir grand ! »
« Tu progresses, c’est bien mais veille à ne pas te brûler les ailes ! »
« Il faut savoir s’arrêter à temps, sinon c’est le plongeon»

Qui n’a pas entendu une fois ces vérités péremptoires, soit à son adresse, soit en commentaire au succès ou à l’échec d’une personne.

D’un côté, c’est bien de voir « grand », cela ouvre des horizons, des perspectives ou des opportunités. D’un autre côté, c’est bien de voir « petit », de jouer la sécurité et d’avancer à petits pas sûrs et comptés.

Le plus souvent, j’ai associé à « voir grand » la notion d’incertitude et de risque. Je le voyais comme un saut vers l’inconnu plus que comme l’exécution potentielle d’un projet. La tentation était alors grande de voir « petit », ce qu’il m’était possible de considérer comme pratiquement certain, même si c’était un peu étriqué. Et finalement, ni l’une ni l’autre de ces approches ne m’apportait satisfaction : quand je décidais de voir « grand », je me demandais si je ne ferais pas mieux d’être prudent, et quand je décidais de voir « petit », j’avais l’impression de m’empêcher de rêver. Continue reading »

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juin 292013
 

Selon le dictionnaire Larousse :
« Déjouer »  c’est faire échouer quelque chose, l’empêcher de se réaliser ; contrecarrer.
« Manipulation » : outre les sens correspondant au monde scientifique, à manipuler avec la main c’est : action d’orienter la conduite de quelqu’un, d’un groupe dans le sens qu’on désire et sans qu’ils s’en rendent compte Continue reading »

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mai 312013
 

« Faites toujours de votre mieux », dit le quatrième accord toltèque. « Bah oui ! c’est évident ! » répondent certains, presque vexés qu’on ait pu, un instant, considérer qu’ils ne feraient pas toujours de leur mieux. En creusant un peu, nous apprenons alors que beaucoup font référence à « se dépasser », « être dans l’excellence », « dépasser ses objectifs » etc.

Ce n’est pas ce que dit le Quatrième accord. Il y a deux mots clés dans cet accord : « Faire » et « Mieux ». Continue reading »

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mai 222013
 
Nous accueillons  Irène Tarin-Odier, responsable RH dans la région de Grenoble.
Elle nous propose une lecture tout à fait intéressante des accords toltèques appliqués aux relations sociales.

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En écrivant mon expérience de RRH en matière de relations sociales, je me suis aperçue que je pouvais tout à fait relire cette expérience à la lumière des accords Toltèques. Non pas que j’en ai respecté les principes, loin de là, mais il me semble qu’en matière de relations sociales, des convictions, une ligne de conduite, des valeurs, sont nécessaires au Responsable RH qui accompagne le dirigeant, nourrit les dossiers et co-anime le dialogue social. En tout cas c’est ainsi que je l’ai vécu dans les entreprises de 100 à 500 salariés où j’ai exercé la fonction de RRH. Et depuis que j’ai découvert les accords Toltèques, je pense qu’ils peuvent servir de fil conducteur en matière de dialogue social. Continue reading »

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mar 202013
 

Vous est-il arrivé de sortir d’une réunion de travail (professionnelle, associative, politique ou même … familiale) particulièrement frustré, voire en colère? Vous n’aviez pas réussi à vous faire entendre, aucune décision n’avait été prise (à part celle de fixer la date de la prochaine réunion où on continuerait à discuter pour prendre une décision), des sujets avaient été repoussés une fois de plus par manque de temps, les décisions prises ne vous convainquaient pas, des bagarres vous avaient mis mal à l’aise…. Continue reading »

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