oct 272013
 

« Dans la vie, si tu veux réussir, t’élever, il faut voir grand ! »
« Tu progresses, c’est bien mais veille à ne pas te brûler les ailes ! »
« Il faut savoir s’arrêter à temps, sinon c’est le plongeon»

Qui n’a pas entendu une fois ces vérités péremptoires, soit à son adresse, soit en commentaire au succès ou à l’échec d’une personne.

D’un côté, c’est bien de voir « grand », cela ouvre des horizons, des perspectives ou des opportunités. D’un autre côté, c’est bien de voir « petit », de jouer la sécurité et d’avancer à petits pas sûrs et comptés.

Le plus souvent, j’ai associé à « voir grand » la notion d’incertitude et de risque. Je le voyais comme un saut vers l’inconnu plus que comme l’exécution potentielle d’un projet. La tentation était alors grande de voir « petit », ce qu’il m’était possible de considérer comme pratiquement certain, même si c’était un peu étriqué. Et finalement, ni l’une ni l’autre de ces approches ne m’apportait satisfaction : quand je décidais de voir « grand », je me demandais si je ne ferais pas mieux d’être prudent, et quand je décidais de voir « petit », j’avais l’impression de m’empêcher de rêver.

La nature est ainsi faite que l’incertitude génère l’incertitude, alors je cherchais à caractériser le risque. Et le risque, plus j’y pensais, plus il enflait. Mes scenarii intérieurs s’autoalimentaient de mes peurs et rapidement, parce que j’oubliais qu’il ne s’agissait que de suppositions, j’étais toujours tenté d’abandonner le « grand ».

Alors je cherchais des explications à cet abandon : je n’étais pas « fait pour ça », je « n’avais pas le temps », ce serait un « changement de vie radical », « le monde des chanceux qui réussissent est quand même bien artificiel », etc. Les jugements et a priori de toutes sortes, sur les autres et aussi sur moi fleurissaient, chaque jugement trouvé faisant le lit de dizaines d’autres jugements possibles ! Chaque fois, j’ai trouvé le graal : je croyais savoir pourquoi je devais voir « petit » et pas « grand », en oubliant que :

-       La plus grande partie des excuses trouvées étaient des jugements sans fondement.
-       Je me plaçais au centre du monde et considérais alors que tout ce qui se passerait serait une affaire personnelle
-       J’accumulais les suppositions en les prenant pour des vérités
-       Je n’avais toujours rien fait, l’essentiel de mon activité se bornant à imaginer un futur qui n’existait pas encore à partir d’un passé qui n’existait plus. Du coup, je n’avais aucune idée de ce qui pourrait arriver si je faisais de mon mieux, le « grand » qui serait accessible.

Alors comment en sortir ? Il pourrait y avoir des recettes « apprenez à voir grand », « dépassez votre peur de voir grand », « arrêtez de voir petit en toute sérénité» etc. En fait, je n’ai rien trouvé qui me parle.

Dans un cas de problème perçu comme insoluble, s’interroger sur le problème lui-même plutôt que tenter de le résoudre peut permettre de le considérer sous un angle différent, un angle qui laisse entrevoir une solution.

Alors voir « petit » ou voir « grand » ? Est-ce la bonne question ?

Et si la question était : à quoi ça me sert de voir petit ou grand ? Et si je me disais que voir « petit » ou voir « grand » sont simplement des suppositions à prendre pour ce qu’elles sont : des constructions de notre esprit et non une réalité.

Et si je changeais de point de vue en passant d’une vision (lointaine, ailleurs) d’un objectif à une intention (ici et maintenant) en lâchant prise sur l’ampleur (petit ou grande) des résultats ? Et si je décidais d’avancer, de faire toujours de mon mieux,  de tester les hypothèses, de connaitre les risques en testant et en prototypant ? Et si, au lieu d’imaginer ce qui pourrait arriver, je décidais d’entre dans le cycle : apprendre, décider d’avancer et recommencer ? Une des clés est de douter « constructivement ». Le scepticisme, lorsqu’il est vrai, est une quête et pas un jugement. Douter de tout et apprendre à écouter : voilà ce qui permet de faire, d’apprendre, de décider d’avancer, et de recommencer.

Et si nous doutions de ce que nous nous disons comme de ce qu’on nous dit au sujet de voir « petit » ou « grand », cet article inclus ?

Olivier

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