mai 312013
 

« Faites toujours de votre mieux », dit le quatrième accord toltèque. « Bah oui ! c’est évident ! » répondent certains, presque vexés qu’on ait pu, un instant, considérer qu’ils ne feraient pas toujours de leur mieux. En creusant un peu, nous apprenons alors que beaucoup font référence à « se dépasser », « être dans l’excellence », « dépasser ses objectifs » etc.

Ce n’est pas ce que dit le Quatrième accord. Il y a deux mots clés dans cet accord : « Faire » et « Mieux ». Faire est l’élément « clé » : Le Mieux n’existe que si le Faire existe. Le Mieux est l’élément « référence » : le Mieux de chacun varie d’un moment à l’autre, parfois vers l’excellence, parfois vers la faible performance et c’est normal !

Revenons sur le sens de Faire. On trouve, dans le dictionnaire, trois sens au mot faire :

  • Sens 1 : Réaliser, construire quelque chose. Ex Faire une cabane.
  • Sens 2 : Accomplir, effectuer une action. Ex Faire un travail.
  • Sens 3 : Causer, avoir pour effet. Ex Faire rire.

Il apparaît alors un élément fondamental : Penser n’est pas faire, réfléchir n’est pas faire !

Pourtant, qu’il est tentant de se contenter d’imaginer comment les choses pourraient se passer, de les concevoir, de les simuler, de les rêver en se disant que quand nous serons prêts, nous passerons à l’action ! Cette activité, qui se pratique aussi bien seul qu’en équipe, peut parfois devenir l’activité principale : nous travaillons beaucoup, nous dépensons beaucoup d’énergie et pourtant nous ne faisons pas. Ce n’est pas que nous ne faisons rien : nous pensons, nous devisons, nous ‘challengeons’, nous débattons, etc. Et pourtant, pendant ce temps nous ne faisons pas. Rien ne change dans le monde physique, objet de nos réflexions. Appliquer le quatrième accord, c’est déjà de commencer par Faire.

Lorsque nous faisons, nous exprimons alors notre mieux du moment avec le risque alors de juger en ne regardant que le résultat obtenu à l’aulne de ce que nous avions rêvé. De ce jugement du passé, nous pensons tirer notre expérience, qui nous permet d’appréhender (dans les deux sens du terme !) notre futur. Ce qui est faux : du jugement du passé, nous ne tirons que du ressenti. L’expérience vient de ce que nous avons appris à faire en regard des résultats factuels obtenus.

Alors, faut-il regarder le passé avec les yeux du présent ou regarder le futur avec l’expérience du passé ?

Pour chercher une réponse à cette question, je vous propose le ‘Petit exercice de la Ligne’ : représentons notre existence, depuis notre naissance jusqu’à aujourd’hui, par une ligne, de gauche à droite, avec ses hauts et ses bas. Chacun dessine une courbe, plus ou moins harmonieuse, avec plus ou moins de hauts et plus ou moins de bas, suivant son histoire et la perception qu’il en a.

Regardant alors la ligne du passé, combien s’interrogeront sur le pourquoi du comment ! « Ah ! Si j’avais fait ceci ! », « Et si j’avais vu cela !», etc. En quoi ces questions là sont elles utiles à l’existence ? Le fait est que nous n’avons pas vu ceci, nous n’avons pas fait cela. « Si j’avais su … » , la réalité est que nous ne savions pas. C’est dans le passé, nous ne pouvons rien y faire, rien y changer. La seule question serait alors : « avons-nous fait de notre mieux ? », si oui, il n’y a rien à regretter, et si le résultat n’était pas ce que vous attendiez : vous êtes peut-être en face d’une de vos limites réelles. Certains pourraient alors regretter de n’être pas nés différents, mais cette question identitaire est d’un tout autre ordre pathologique !-).

Si nous n’avons pas fait de notre mieux, alors oui, quelque soit le résultat, le regret pointera son nez et risquera de nous envahir ! Le regret d’un passé « gâché » et immuable.

C’est pourquoi, à titre préventif, assurons nous de faire de notre mieux à tout instant. Cela suppose deux choses : être conscient de notre mieux du moment, et accepter de le réaliser, ni plus (plus que notre mieux), ni moins (moins que notre mieux).

A faire mieux que son mieux, on se dépasse. S’il s’agit de vaincre des certitudes limitantes, allons-y ! Vaincre les certitudes limitantes revient à réaliser que notre mieux est en fait plus grand que ce que nous croyions. Mais s’il s’agit de faire mieux juste pour faire mieux, à dépasser nos vraies limites, alors attention à l’épuisement, au « burn-out » et à tous les regrets amers et jugements sévères du passé qui peuvent s’en suivre ! A faire moins que son mieux, on risque de ne pas vraiment vivre sa vie, on se gâche d’une certaine manière.

Maintenant, revenons sur notre dessin, sur notre ligne du passé et représentons notre futur. Dessinons comment nous imaginons notre existence à partir de maintenant. Bien souvent, nous dessinons à nouveau une ligne, qui part du présent et s’avance vers le futur avec des hauts et des bas ! Comment pouvons -nous savoir qu’il n’y a qu’une ligne ? Ce n’est pas vrai : il y a une infinité de lignes possibles ! Certes elles partent toutes du moment présent, mais elles vont plus ou moins diverger en s’éloignant dans le futur, conduisant à des futurs aussi divers que possibles. Pourtant, nous ne les voyons pas, nous voyons notre futur dans la continuité de notre passé. C’est souvent dû aux jugements que nous portons sur notre passé, jugements que nous transformons progressivement en a priori pour considérer notre futur. Les a priori sont bien souvent les œillères qui nous empêchent de voir telle ou telle opportunité, de nous en emparer et ainsi de choisir notre ligne de futur. Nous avons souvent tendance à considérer notre futur à l’image de notre passé, nous savons que c’est faux et pourtant…

Faire, c’est être dans le moment présent, c’est s’offrir aussi la possibilité d’être ouvert aux opportunités qui se présentent, sans a priori. Faire de son mieux, en remplissant son mieux, c’est avancer à l’écoute de soi, des autres et du monde qui nous entoure. C’est se donner la possibilité de choisir sa ligne de futur, ou d’en changer si la vie en décide autrement.

De même que juger le passé avec le regard du présent n’apporte rien, ne jugeons pas notre futur, surtout avant de l’avoir vécu !

C’est ce que dit aussi le Quatrième accord.
« Attendre d’en savoir assez pour agir en toute lumière, c’est se condamner à l’inaction.  »
Jean Rostand – « Inquiétudes d’un biologiste »

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